C’est un peu provocateur dit comme ça, mais je remarque de plus en plus une chose : beaucoup de personnes sont extrêmement intelligentes intellectuellement, mais très peu conscientes de leur propre corps.
Ce que j’observe
Aujourd’hui, certaines personnes sont capables de gérer des entreprises, d’analyser des études scientifiques complexes, de débattre de sujets géopolitiques difficiles ou de résoudre des problèmes à plusieurs inconnues.
Mais lorsqu’il s’agit de leur propre corps, elles ne comprennent rien.
Je le remarque souvent pendant les soins.
Quand je leur demande de détendre leurs épaules, de respirer avec le ventre, de me dire ce qu’elles ressentent… elles ne savent pas quoi dire ou faire et sont perdues.
Ce n’est pas parce que ces personnes manquent d’intelligence. Au contraire. Mais parce qu’elles ont développé une forme d’intelligence tout en laissant une autre s’endormir progressivement.
Certaines personnes ne remarquent plus qu’elles serrent les mâchoires toute la journée. D’autres qu’elles respirent de façon superficielle. Certaines ignorent les signaux de fatigue, de soif, de faim ou de tension que leur corps leur envoie pourtant en permanence.
C’est comme si le dialogue avec le corps s’appauvrissait de plus en plus au fil des années, pendant que celui avec le monde extérieur s’enrichissait.
Comment en sommes-nous arrivés là ?
La réponse est probablement assez simple.
Depuis l’enfance, nous apprenons à lire, écrire, compter, mémoriser, analyser et raisonner. Nous passons des milliers d’heures à entraîner notre cerveau et à développer nos capacités intellectuelles. Puis viennent les études, le travail, les écrans et les responsabilités.
Nous vivons dans une société qui valorise énormément la performance intellectuelle, mais qui nous apprend rarement à développer notre conscience corporelle.
Pourtant, cette intelligence existe naturellement.
Il suffit d’observer un jeune enfant. Personne ne lui apprend à s’accroupir parfaitement, à grimper, à explorer son environnement ou à bouger avec fluidité. Son corps sait déjà faire. Il est connecté à ses sensations, à ses besoins et à son environnement.
Puis, progressivement, beaucoup d’entre nous commencent à vivre davantage dans leurs pensées que dans leurs sensations. Nous analysons plus que nous ne ressentons. Nous réfléchissons plus que nous n’observons.
Et cette connexion finit par s’appauvrir.
Et pourtant ! Le corps et l’esprit ne sont pas séparés…
Nous avons souvent tendance à vouloir résoudre nos difficultés uniquement par la réflexion. Nous voulons comprendre notre stress, contrôler nos émotions et rationaliser nos réactions.
Et pourtant, nous voyons bien que cela ne marche pas… Plus nous essayons de contrôler nos émotions avec notre mental, plus elles nous échappent.
C’est là que cette intelligence corporelle que nous négligeons au quotidien nous fait défaut.
Le corps possède son propre langage et, lorsque nous apprenons à l’écouter, nous commençons souvent à percevoir les signaux plus tôt : une tension qui s’installe, une respiration qui s’accélère, une émotion qui monte ou un état de fatigue qui apparaît. Et ce qui est compris devient plus facilement gérable.
Développer son intelligence corporelle, ce n’est pas devenir moins rationnel. C’est simplement ajouter une source d’information supplémentaire.
L’intelligence intellectuelle nous aide à comprendre le monde.
L’intelligence corporelle nous aide à nous comprendre nous-mêmes.
Et à mon sens, nous avons besoin des deux.
Comment se reconnecter à son corps ?
La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas nécessaire de commencer par quelque chose de compliqué.
On peut commencer par quelque chose que l’on fait déjà plus de 20 000 fois par jour : respirer.
La respiration est fascinante parce qu’elle se situe à la frontière entre le volontaire et l’involontaire. Elle fonctionne toute seule, mais nous pouvons également choisir d’y porter notre attention.
Lorsque nous sommes stressés, contrariés ou anxieux, notre respiration change immédiatement. Elle devient souvent plus rapide, plus courte et plus superficielle.
Mais l’inverse est également vrai. Lorsque nous ralentissons notre respiration et que nous revenons à une respiration plus calme et plus profonde, notre état intérieur commence souvent à changer lui aussi.
Pas parce que nous avons résolu tous nos problèmes.
Simplement parce que nous avons repris contact avec ce qui se passe en nous.
La respiration est le pont entre notre conscient et notre inconscient. C’est le seul acte à travers lequel nous pouvons gérer volontairement notre état interne au lieu de le subir.
Aujourd’hui, prenez une minute pour prêter attention à votre respiration. Observez-la tout simplement, et notez comment cette action vous calme instantanément…
Nous passons notre vie à apprendre à penser. Peut-être est-il temps d’apprendre à ressentir.
Comme l’a dit un anonyme :
« Apprends à te connaître toi-même. Pour tout le reste, il y a ChatGPT. »
Pour remettre votre corps en mouvement au quotidien, j’ai conçu le programme en ligne Redresse toi : des routines courtes et guidées, en 21 jours.